FRANCE 24
May 29, 2026
TL;DR
Une réunion militaire sans précédent à Washington entre hauts responsables libanais et israéliens vise à discuter du désarmement du Hezbollah via une unité spéciale de l'armée libanaise, mais les obstacles politiques, sécuritaires et sociaux rendent cette proposition peu réaliste.
“Si l'armée israélienne qui est l'armée la plus puissante de la région, la mieux équipée, la plus financée, n'a pas réussi à désarmer une milice comme le Hezbollah. Est-ce qu'on s'attend vraiment à ce que l'armée libanaise qui est en sous-effectif, qui n'a pas les moyens, qui est très morcelée sur le plan démographique, est-ce que elle est capable de désarmer le Hezbollah ?”
— Mathieu Karam
“Le risque de guerre civile après ce conflit n'est pas illusoire, il est bel et bien existant.”
— Mathieu Karam
“On est vraiment dans une impasse en fait aujourd'hui. Il n'y a pas de bonnes solutions. Il y a que de mauvaises solutions et aucune ne fait l'unanimité au Liban.”
— Mathieu Karam
1. La réunion militaire inédite à Washington
Tel Aviv et Beyrouth ont envoyé de hauts responsables militaires à Washington pour discuter d'un volet sécuritaire. L'une des principales propositions américaines est la création d'une unité spéciale au sein de l'armée libanaise chargée de désarmer le Hezbollah.
2. Les défis de la création d'une unité spéciale
L'armée libanaise reflète la composition religieuse et politique du pays avec des officiers chrétiens, musulmans, sunnites et chiites. Certains officiers peuvent avoir des sympathies envers le Hezbollah, ce qui rend la composition et la fiabilité de cette unité problématique.
3. Les limites de l'armée libanaise
L'armée libanaise est en sous-effectif, manque de ressources et est fragmentée sur le plan démographique. Elle a échoué à désarmer complètement le Hezbollah après la guerre de 2024, et l'arrivée d'armes nouvelles pourrait finir entre les mains du Hezbollah.
4. L'échec militaire israélien et ses implications
L'armée israélienne, la plus puissante de la région, n'a pas réussi à désarmer le Hezbollah. Cet échec remet sérieusement en question la capacité d'une armée libanaise bien moins équipée et organisée à accomplir cette mission.
5. Les impasses politiques et gouvernementales
Le gouvernement libanais, lui-même divisé et incluant le Hezbollah, déclare illégales les activités militaires du parti mais n'a pas les moyens de les faire cesser. L'armée libanaise se retire de plusieurs villages face à l'avancée israélienne.
6. La crainte d'une nouvelle guerre civile
Le Hezbollah menace de déstabilisation si son désarmement est imposé, et le risque d'une confrontation armée interne entre l'armée libanaise et le Hezbollah reste tangible, avec des risques de défections au sein des troupes.
7. La population libanaise divisée et épuisée
Les Libanais sont profondément divisés : certains soutiennent le Hezbollah par peur d'Israël, d'autres le rejettent, tandis qu'une majorité est épuisée par sept ans de crise économique, deux guerres en trois ans, un million de déplacés, et ne fait plus confiance aux institutions.
8. Les perspectives pessimistes à court terme
L'État libanais n'a aucune carte de négociation en position de force et se retrouvera à subir les exigences d'Israël et Washington d'un côté, tout en étant confronté aux refus du Hezbollah de l'autre, créant une impasse sans solutions acceptables pour tous.